Projet de réforme APA 2027 : quel impact à domicile ?

Écrit par Alexandra Dutartre
Dernière mise à jour le

L’aide à domicile pourrait coûter plus cher à certaines personnes âgées en 2027. En cause : un projet de réforme de l’APA qui prévoit de modifier la participation financière demandée aux bénéficiaires.

L’objectif annoncé est de réduire les dépenses publiques de 250 millions d’euros. Mais pour les personnes âgées et leurs familles, cette évolution pourrait se traduire par une facture plus élevée pour les heures d’aide nécessaires au quotidien.

Que prévoit exactement ce projet ? Qui pourrait payer davantage ? Et comment anticiper une éventuelle hausse ?

Pourquoi le gouvernement veut-il modifier l’APA à domicile ?

L’Allocation personnalisée d’autonomie permet aux personnes âgées de 60 ans et plus, classées en GIR 1 à 4, de financer une partie des dépenses liées à leur perte d’autonomie.

Elle peut notamment contribuer au financement d’une aide à domicile pour la toilette, l’habillage, les repas ou certains déplacements.

Son montant dépend du niveau de perte d’autonomie, des besoins évalués par le département et des ressources du bénéficiaire.

Aujourd’hui, les personnes dont les revenus sont les plus modestes peuvent bénéficier d’une prise en charge sans participation financière au titre du plan d’aide APA. Les autres contribuent selon un barème national.

Le gouvernement souhaite revoir ce calcul afin de concentrer davantage les financements sur les bénéficiaires les plus modestes et les plans d’aide les plus lourds.

Le projet vise 250 millions d’euros d’économies sur les dépenses d’APA. Selon le Conseil de l’âge, une fois pris en compte l’effet du crédit d’impôt, l’économie globale pour les administrations publiques serait estimée à 125 millions d’euros.

Qui serait concerné par une hausse du reste à charge ?

D’après l’avis rendu le 12 octobre 2026 par le Conseil de l’âge, 70 à 80 % des bénéficiaires de l’APA à domicile pourraient voir leur participation financière augmenter.

La hausse ne serait pas identique pour tout le monde.

Les personnes en GIR 3 et 4 particulièrement concernées

Les personnes classées en GIR 3 ou GIR 4 conservent une certaine autonomie, mais ont besoin d’une aide régulière pour accomplir plusieurs gestes du quotidien.

Il peut s’agir, par exemple, d’une personne qui se déplace encore chez elle, mais qui rencontre des difficultés pour se laver, s’habiller ou préparer ses repas.

Le Conseil de l’âge estime que les bénéficiaires en GIR 3 et 4 disposant de revenus intermédiaires ou relativement confortables seraient parmi les plus touchés.

Il évoque notamment des personnes percevant autour de 2 300 euros de revenus mensuels.

Les personnes aux revenus les plus modestes davantage protégées

Le projet prévoit de préserver les bénéficiaires les plus modestes ainsi que les personnes disposant des plans d’aide les plus importants.

Cela ne signifie pas que toutes les autres personnes âgées paieraient davantage dans les mêmes proportions.

L’effet réel dépendrait notamment des ressources, du montant du plan d’aide et du barème finalement retenu.

De combien l’APA pourrait-elle augmenter le reste à charge ?

Selon le Conseil de l’âge, la hausse pourrait atteindre 36 euros par mois après prise en compte du crédit d’impôt, pour certaines personnes concernées par la réforme.

Ce montant ne représente pas une augmentation systématique pour tous les bénéficiaires.

Sur une année, une hausse mensuelle de 36 euros représenterait 432 euros supplémentaires. Une dépense qui peut peser sur le budget d’une personne retraitée, particulièrement lorsqu’elle doit déjà financer d’autres besoins liés à son âge ou à sa santé.

Il faut aussi distinguer le coût final de l’aide et les sommes à avancer.

Le crédit d’impôt de 50 % peut s’appliquer aux dépenses éligibles d’aide à domicile réellement supportées, après déduction des aides comme l’APA et dans les limites légales. Mais les bénéficiaires de l’APA ne disposent pas encore de l’avance immédiate dans le cadre du calendrier national prévu.

Pour comprendre les dispositifs existants, consultez notre article sur le cumul de l’APA et du CESU.

Pourquoi cette réforme inquiète-t-elle les professionnels de l’aide à domicile ?

Le 12 octobre 2026, le Conseil de l’âge a rendu un avis unanimement défavorable au projet, les représentants des administrations ne participant pas au vote.

Sa principale inquiétude concerne les conséquences possibles sur le recours à l’aide à domicile.

Lorsqu’une personne âgée doit financer une part plus importante de son accompagnement, elle peut être tentée de diminuer le nombre d’heures prévues.

Par exemple, une famille pourrait envisager de supprimer une intervention consacrée aux courses ou à l’entretien du logement pour conserver uniquement l’aide à la toilette.

Ces interventions jouent pourtant un rôle dans le maintien de l’autonomie et la prévention de la perte d’autonomie.

Une réduction des heures d’accompagnement pourrait aussi reporter davantage de responsabilités sur les proches.

Pour les familles déjà très mobilisées, il existe des solutions comme le congé de proche aidant, même si celui-ci ne remplace pas un accompagnement professionnel adapté.

Que faire si vous bénéficiez actuellement de l’APA ?

Aucune démarche particulière n’est nécessaire du seul fait de ce projet de réforme. Tant que le nouveau décret n’est pas publié et applicable, le barème actuel reste en vigueur.

Vous pouvez néanmoins profiter de cette période pour faire le point sur vos dépenses d’aide à domicile.

Vérifier votre plan d’aide actuel

Consultez la dernière décision d’attribution de l’APA. Elle précise notamment votre GIR, le montant du plan d’aide et la participation financière qui vous revient.

Si les besoins de votre proche ont évolué, une réévaluation peut être demandée auprès du conseil départemental.

Identifier les dépenses qui restent réellement à votre charge

Le montant de l’APA ne correspond pas nécessairement au coût total de l’accompagnement.

Pour obtenir une vision plus juste de votre budget, prenez en compte les heures effectivement réalisées, la participation du département et les avantages fiscaux auxquels vous pouvez prétendre.

Notre page sur les tarifs de l’aide à domicile permet également de mieux comprendre les différents postes de dépenses.

Se renseigner sur les aides disponibles dans votre département

Les démarches sont gérées au niveau départemental.

Dans les Alpes-Maritimes, par exemple, les familles résidant à Cannes ou dans les communes voisines peuvent se renseigner sur les modalités de financement de leur aide à domicile à Cannes.

Il est également possible de solliciter le CCAS de sa commune pour être orienté vers les dispositifs existants.

La réforme de l’APA entrera-t-elle en vigueur en 2027 ?

Le gouvernement envisage une évolution du dispositif en 2027, mais aucune hausse du reste à charge prévue par ce projet ne doit être considérée comme définitivement applicable au 22 octobre 2026.

Le texte fait l’objet de critiques de la part de plusieurs organisations du secteur de l’aide à domicile et a reçu un avis défavorable du Conseil de l’âge.

Son contenu pourrait donc encore évoluer.

Les personnes qui bénéficient actuellement de l’APA continuent, à cette date, de relever des règles en vigueur.

Besoin d’une aide à domicile adaptée à votre budget ?

Lorsque l’on accompagne un parent âgé, trouver le bon équilibre entre les besoins d’aide et les dépenses peut vite devenir compliqué.

Chez Hoomiz, nous commençons par une évaluation gratuite de la situation de votre proche : son autonomie, ses habitudes, les interventions nécessaires et les aides financières mobilisables.

Notre équipe vous accompagne aussi dans les démarches administratives et la recherche d’une auxiliaire de vie adaptée.

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Questions fréquentes sur le projet de réforme de l’APA

L’APA va-t-elle diminuer en 2027 ?

Le projet prévoit de modifier le calcul de la participation des bénéficiaires. Cela pourrait augmenter le montant restant à leur charge sans nécessairement modifier le volume d’aide prévu. Le texte n’est pas encore adopté.

Non. Le Conseil de l’âge estime que 70 à 80 % des bénéficiaires pourraient être concernés par une hausse, avec des différences selon les revenus et les plans d’aide.

Le projet examiné porte sur le calcul de la participation financière, pas sur une suppression du droit à l’APA pour les personnes classées en GIR 4.

 

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Oui, sous réserve des conditions fiscales applicables. Le crédit d’impôt porte sur les dépenses éligibles réellement supportées, après déduction des aides publiques comme l’APA.

Sources :

  • Haut Conseil de la famille, de l’enfance et de l’âge (HCFEA), avis du Conseil de l’âge du 12 octobre 2026 relatif au projet de décret sur l’APA à domicile.

  • Fédération des particuliers employeurs de France (Fepem), communiqué du 20 octobre 2026.

  • Portail national pour les personnes âgées, informations officielles sur l’APA à domicile et ses conditions d’attribution.

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